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jeudi, octobre 15, 2026
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Embouteillages monstres : Deuxième jour à Amoronankona

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Rien n’a changé. Pour ce deuxième jour de fonctionnement de la nouvelle gare routière d’Amoronankona, les embouteillages sont toujours au rendez-vous. Le premier jour, certains usagers de la route voulaient encore croire qu’il ne s’agissait que des difficultés normales liées au démarrage d’une nouvelle infrastructure. Mais après avoir passé près de 2 h 30 pour parcourir une portion d’à peine deux kilomètres, hier, les automobilistes et les riverains ont rapidement déchanté. Sur le boulevard de Tokyo, les bouchons s’étendent désormais sur plusieurs portions. Une situation d’autant plus préoccupante que cet axe a été conçu pour permettre une circulation relativement fluide et rapide. La mise en service de la gare routière semble ainsi avoir créé un nouveau point de congestion dans une zone qui, jusque-là, connaissait une circulation nettement plus fluide. Manœuvres des véhicules, arrêts intempestifs, affluence des passagers et organisation de la circulation semblent se conjuguer pour transformer cet axe en véritable goulot d’étranglement. Sur les réseaux sociaux, la colère monte. Les usagers commencent à partager leurs expériences et à dénoncer ce qu’ils considèrent comme une situation devenue difficilement acceptable au quotidien. La question est désormais simple : quel dispositif a été prévu pour absorber le trafic généré par cette nouvelle gare routière ? Une infrastructure de transport ne peut être pensée uniquement comme un point de départ et d’arrivée des véhicules. Elle doit également tenir compte de son impact sur la circulation environnante. Après deux jours seulement, le constat est déjà préoccupant. Les autorités devront rapidement apporter des réponses et surtout mettre en place des mesures concrètes pour éviter que le boulevard de Tokyo ne devienne un nouveau cauchemar pour les usagers. Un problème de plus à régler rapidement pour le ministère des Transports, alors que les automobilistes, eux, n’ont plus envie d’attendre deux heures et demie pour parcourir deux kilomètres.

D.R

Ambatolampy Tsimahafotsy : Un commerçant blessé lors d’une tentative de braquage

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Une attaque nocturne qui aurait pu avoir des conséquences plus graves. Vers 0 h 20, dans la nuit du 16 septembre, cinq individus se sont introduits dans une boutique de produits de première nécessité située en face de l’EPP Anjomakely, dans le fokontany du même nom, à environ 7 km du Poste fixe (PF) d’Ambatolampy Tsimahafotsy, district d’Ambohidratrimo.

Alertés par une personne de bonne volonté signalant qu’un commerce était en train d’être forcé, trois gendarmes, conduits par le chef du PF, se sont immédiatement rendus sur place. À leur arrivée, les assaillants avaient déjà pris la fuite. Le propriétaire des lieux, âgé de 29 ans, présentait une blessure au dos et a été évacué vers un centre de santé. Selon les informations médicales communiquées aux gendarmes, son état ne suscitait pas d’inquiétude.

Résistance du commerçant. D’après le récit de la victime, les cinq individus sont arrivés aux alentours de minuit. Deux d’entre eux, non masqués et munis d’objets tranchants, ont forcé la grande porte avant de pénétrer dans la boutique. Les trois autres, masqués, seraient restés à l’extérieur pour assurer leurs arrières. À l’intérieur, les deux assaillants auraient été confrontés à la résistance du commerçant. Une lutte s’est engagée, tandis que celui-ci criait pour appeler au secours. C’est au cours de cette confrontation qu’il aurait été blessé au dos par l’un des objets tranchants détenus par les malfaiteurs présumés. Face aux cris et à la résistance du propriétaire, les cinq individus ont finalement pris la fuite. Aucun bien n’a été emporté. La porte du commerce a toutefois été endommagée au niveau de la serrure, permettant leur intrusion.

Recherches en cours. Après avoir porté secours au blessé, les gendarmes ont procédé aux premières constatations et lancé des recherches dans les environs. Une opération de ratissage a également été menée, tandis que le PF de Fiakarana a été alerté afin de mettre en place un dispositif de barrage. L’enquête est menée par le PF d’Ambatolampy Tsimahafotsy afin d’identifier et de retrouver les cinq individus impliqués dans cette tentative de vol avec violence. Pour l’heure, aucune arrestation n’a été signalée et aucun décès n’est à déplorer.

T.M.

Masters de pétanque : Le Final Four ne sourit pas aux Étoiles du Sud

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Après avoir dominé la saison régulière des Masters de pétanque 2026, les Étoiles du Sud n’ont pas réussi à confirmer lors du Final Four disputé à L’Île-Rousse, en Corse. Leaders du classement général au terme des sept étapes qualificatives, Yves Rakotoarisoa, Zigle Rakotondrainibe et leurs coéquipiers africains espéraient conclure leur remarquable parcours par un sacre. La marche s’est toutefois révélée trop haute. Lors de leur première rencontre, ils ont été largement dominés (1-13) par une Dream Team particulièrement efficace, avant d’essuyer une deuxième défaite consécutive face à l’équipe Rocher (2-13) à la 2e partie. En difficulté dans tous les compartiments du jeu, ils n’ont jamais trouvé la bonne formule pour rivaliser. Cette élimination précoce ne doit cependant pas faire oublier leur belle saison. Grâce à une régularité impressionnante, ponctuée notamment par un succès lors de la première étape et plusieurs présences dans le dernier carré, la formation africaine a longtemps imposé son rythme sur le circuit.

Heriniaina Samson

Basket 3X3 – Mondial U23 : Les Ankoay dames éliminées

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Les Ankoay U23 dames ont terminé leur campagne au Championnat du monde FIBA 3×3 U23, hier, à Wuhan, en Chine, avec un bilan d’une victoire et trois défaites, dont un forfait lors de leur première rencontre.

Engagées dans la poule C aux côtés de l’Espagne, de la Lettonie, de l’Ouganda et des Tonga, Koloina et ses camarades avaient un calendrier particulièrement relevé. Pour leur entrée en lice, elles devaient affronter la Lettonie. Mais cette première rencontre s’est soldée par un forfait de Madagascar, privant les Ankoay de la possibilité de défendre leurs chances sur le terrain. La deuxième sortie face à l’Ouganda a également tourné à l’avantage de leurs adversaires. Les Ougandaises se sont imposées 14 à 7. Après deux défaites au compteur, les Ankoay ont ensuite réagi. Face aux Tonga, elles ont obtenu leur premier succès du tournoi, 21 à 13, renouant ainsi avec la victoire et montrant un visage plus conquérant. Ce résultat leur permettait de terminer leur parcours sur une note positive avant leur dernier rendez-vous face à l’Espagne. Opposées à une sélection espagnole qui figurait parmi les équipes en vue de cette poule, les Malgaches ont livré une rencontre disputée, mais se sont finalement inclinées. Les basketteuses malgaches ont perdu 14 à 17. Elinah Rafarasoa est sortie sur civière lors de cette rencontre. L’Espagne avait d’ailleurs commencé la compétition sur un sans-faute, avec notamment une victoire 21-5 contre les Tonga et un succès serré 16-15 face à la Lettonie.

Au terme de cette phase de poule, les Ankoay dames quittent donc Wuhan avec une victoire sur le terrain, deux défaites et un forfait. La compétition, organisée du 15 au 19 septembre, réunissait vingt sélections féminines réparties en quatre poules. Malgré cette élimination prématurée, cette participation offre une nouvelle expérience internationale aux jeunes basketteuses malgaches. Le Mondial U23 constitue en effet une étape importante dans la progression des joueuses vers le haut niveau du 3×3.

T.H

Muay thaï : Hervé Andrianjafy élu à la présidence de la Fédération

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Le nouveau président, fraîchement élu, aux côtés des ligues et des représentants de clubs.
Le nouveau président, fraîchement élu, aux côtés des ligues et des représentants de clubs.

Une nouvelle page s’ouvre pour le Muay thaï malgache. L’élection à la présidence de la Fédération malgache de Muay thaï s’est tenue hier au Palais des Sports de Mahamasina. À l’issue du scrutin, Hervé Andrianjafy a été porté à la tête de l’instance nationale en obtenant trois voix, contre deux pour sa rivale, Carine Razanajatovo. Cinq ligues régionales ont pris part au vote, à savoir Analamanga, Atsinanana, Bongolava, Vakinankaratra et Matsiatra Ambony. Malgré la compétition électorale, les représentants des ligues ont rapidement affiché leur volonté de travailler aux côtés du nouveau dirigeant. Un appel à l’unité a notamment été lancé afin de tourner la page des divisions et d’assurer une gestion plus équitable de la discipline.

Fraîchement élu, Hervé Andrianjafy a déjà fixé les premières priorités de son mandat. L’échéance la plus proche concerne l’organisation de l’activité MPC, prévue le 18 octobre. Le nouveau président entend également renforcer l’implantation du Muay thaï à travers le pays, en augmentant le nombre de ligues régionales, un objectif qu’il considère essentiel pour développer la pratique et élargir la base de licenciés. La réconciliation interne du Muay thaï figure aussi parmi ses principaux chantiers. Après plusieurs périodes de tensions internes, le nouveau comité souhaite rassembler tous les acteurs autour d’une même ambition : promouvoir davantage cette discipline en pleine croissance à Madagascar. À noter que le président sortant, Hainatiana Gervais Rakotoalizao, dit « Vevy », avait choisi de ne pas briguer un nouveau mandat, laissant ainsi la voie libre à une nouvelle équipe dirigeante.

Heriniaina Samson

Rallye Tour de Tana Sodirex/Orange : Un spectacle inédit en nocturne au cœur d’Analakely

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Lors d’une conférence de presse, organisée à Ankorondrano, hier.
Lors d’une conférence de presse, organisée à Ankorondrano, hier.

Le compte à rebours est lancé pour la 23e édition du Rallye Tour de Tana Sodirex/Orange, prévue du 2 au 4 octobre. Organisée par l’ASA TANA, cette course, comptant pour la 4e manche du championnat de Madagascar, promet une nouveauté de taille avec une épreuve spéciale nocturne qui se disputera en plein centre-ville, sur l’avenue de l’Indépendance à Analakely.

Lors d’une conférence de presse tenue hier à Ankorondrano, le président du club organisateur, Fanoa Rakotoson, a dévoilé les grandes lignes de cette édition qui devrait réunir près de 35 équipages. Quatre d’entre eux défendront les couleurs de l’ASA Tana. L’épreuve se déroulera sur trois étapes comprenant dix spéciales au total. Mais c’est surtout l’ES 7 qui attire déjà toutes les attentions. Cette spéciale nocturne proposera un format spectaculaire avec deux équipages s’élançant simultanément sur deux pistes distinctes avant de se rejoindre sur un parcours en forme de huit. Le départ A sera donné devant le parvis, en direction de la gare, tandis que le départ B se fera de l’autre côté, vers le Glacier. Pour les organisateurs, l’objectif est double. D’une part, offrir un véritable show au public, qui ne peut pas toujours suivre les spéciales disputées en dehors du centre-ville. D’autre part, promouvoir auprès des jeunes les valeurs du sport mécanique, pratiqué dans un cadre réglementé et sécurisé. Justement, d’importantes mesures de sécurité seront mises en place. Certaines portions de l’avenue de l’Indépendance seront temporairement fermées afin d’assurer le bon déroulement de la compétition, tout en limitant les perturbations de la circulation. Le Carrefour servira de parc fermé et de point de départ officiel de l’épreuve.

Long de 333,24 km, dont 126,74 km chronométrés, le rallye empruntera sept tracés différents, répartis sur dix spéciales. Les inscriptions resteront ouvertes jusqu’au 23 septembre, tandis que les reconnaissances sont programmées le 26 septembre. Fidèle partenaire du sport malgache, Orange Madagascar soutient une nouvelle fois l’événement aux côtés de Sodirex, contribuant ainsi à la réussite de ce rendez-vous incontournable du sport automobile national.

Heriniaina Samson

Retraite dorée

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La liste des Barea pour les deux premières journées des éliminatoires de la CAN 2027 apporte son lot de nouveautés. Pour affronter le Nigeria, le 25 septembre, puis la Tanzanie quatre jours plus tard, Corentin Martins a notamment décidé d’ouvrir les portes de la sélection à deux nouveaux joueurs : Zacharie Boucher et Roman Ferber.

Retraite dorée

Deux recrues qui présentent, sur le papier, des profils intéressants. Mais leur arrivée soulève également une interrogation qui anime déjà les discussions parmi les passionnés du football malgache. La tendance de la FMF et du coach à se tourner vers des expatriés relativement âgés ne fait pas l’unanimité. À 34 ans, Zacharie Boucher n’est évidemment plus un jeune espoir. Mais son parcours est loin d’être anodin. Né à La Réunion, le gardien a été formé au Havre avant de porter les maillots de Toulouse, Auxerre, Angers, Bastia et de l’Aris Salonique, en Grèce. Il évolue aujourd’hui à l’ESTAC Troyes. Le cas de Roman Ferber est quelque peu différent. À 33 ans, l’attaquant belge évolue à l’Atert Bissen, au Luxembourg. Il sort notamment d’une saison 2025-2026 particulièrement productive puisqu’il a terminé meilleur buteur de la première division luxembourgeoise avec 21 réalisations. Mais les débats sur l’âge des recrues des Barea restent d’actualité. D’un côté, les Barea ont besoin de joueurs capables d’être immédiatement opérationnels, en faisant appel à des éléments expérimentés. Un gardien de 34 ans et un attaquant de 33 ans peuvent apporter de la maturité, de la personnalité et une connaissance du haut niveau européen. De l’autre côté, des analystes estiment qu’une sélection nationale ne doit pas se construire uniquement pour les deux prochains matches. En effet, si Madagascar veut durablement s’installer parmi les sélections compétitives du continent, il lui faudra nécessairement préparer la relève et disposer d’un noyau de joueurs plus jeunes susceptibles de prendre progressivement le relais. C’est dans ce contexte que se justifie le souci des fans des Barea d’éviter que l’équipe nationale ne devienne une destination pour une « retraite dorée » pour des joueurs en approche de fin de carrière européenne. Les jeunes doivent aussi avoir leur place.

R.Edmond.

70 ans de la province d’Antsiranana : La population découvre ses figures historiques.

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Le public a enfin vu ses olobe!
Le public a enfin vu ses olobe!

Le vernissage du 70e anniversaire de la province d’Antsiranana s’est déroulé comme prévu à l’Alliance Française de Diego-Suarez le mardi 15 septembre dernier. En fait, il s’agit d’une exposition des personnages historiques de la partie septentrionale du pays. D’après les organisateurs : « Au début, les étudiants chercheurs de l’Université d’Antsiranana ont voulu présenter plus de 70 figures historiques, mais ils n’ont recueilli que 30 archives et photos d’antan. » En revanche, le public a découvert ses aïeux, les olobe de la province. « J’ai entendu des noms, mais je n’ai jamais vu leurs visages. Je suis ravi », atteste Sandrino Maro. Oui, la plupart de la population du Nord ignore ses héros. C’est la raison pour laquelle M. Abiba Noël, Dr Radebason ainsi que leur équipe, composée d’une douzaine d’étudiants en Master I en histoire, ont créé cette louable initiative.

À travers ces images, l’assistance a constaté le brassage culturel qui a formé l’identité de la jeune et plus petite province. Francis Sautron, Sibon Guy, Ampy Augustin Portos sont le fruit d’un mélange culturel, étant donné que leurs ascendants sont originaires des pays voisins. Ce métissage a érigé une forteresse identitaire de la localité.

Sous un autre angle, les initiateurs de cet événement, en étroite collaboration avec l’Université d’Antsiranana par le biais de la Faculté des Lettres et des Sciences humaines, veulent faire comprendre aux concitoyens que la jeune province est riche en histoire. Par ailleurs, sur les trois grands tableaux, des personnalités controversées sont aussi mises en avant, pour dire implicitement que, malgré leurs récits tantôt tumultueux, tantôt revendicateurs, il est hors de question de dissimuler leur existence. D’ailleurs, l’historien n’a pas le droit de juger. Il ne fait que transmettre !

L’exposition a commencé le 7 septembre et sera clôturée le 26 septembre. Après l’Alliance Française d’Antsiranana, ce sera au tour de la grande Maison de la Communication et de la Culture d’héberger les images de ces « figures historiques de la province d’Antsiranana » le mois de novembre prochain. Le choix n’est pas un hasard, car le 11 novembre 1956 fut créé le faritany Antsiranana. En somme, chaque région a sa propre histoire. Ces histoires forment l’Histoire de Madagascar avec un grand H. La diversité n’est-elle pas une richesse ? Cependant, les Malgaches ne se comprennent toujours pas. Alors, ce genre d’événement a pour optique d’éclaircir ce qui a été jalousement gardé dans les armoires poussiéreuses.

L’Université d’Antsiranana, la Faculté des Lettres et des Sciences humaines, ainsi que la mention Histoire-géographie ne sont pas à leur premier coup de maître. Il y a eu des conférences concernant les événements marquants de la pointe du Nord de Madagascar, auparavant. Une activité devenue coutume pour le cerveau de la ville !

Iss Heridiny

Astrologie traditionnelle : « Oana » à portée de smartphone

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Eris Rabedaoro a effectué des dizaines d’années de recherche pour aboutir à « Oana », première application la plus aboutie sur l’astrologie traditionnelle
Eris Rabedaoro a effectué des dizaines d’années de recherche pour aboutir à « Oana », première application la plus aboutie sur l’astrologie traditionnelle

L’astrologie traditionnelle malgache à l’ère du smartphone. L’application « Oana », mise en ligne hier par « 3,14 », est un évènement entre révolution culturelle et risque de bousculer les « extrémistes ».

L’application « Oana », lancée hier au 3,14 Antaninarenina, pourrait être un grand bide, une controverse ou une révolution socio-culturelle. Pour faire simple, l’outil numérique permet d’avoir dans son smartphone un accessoire d’astrologie traditionnelle malgache, ou « fanandroana » pour faire court. À en comprendre les premières explications d’Eris Rabedaoro et de son équipe, elle réduit à environ 80 % l’utilité d’un guérisseur ou d’un astrologue-guérisseur. Tout ou presque peut se faire via quelques clics, à condition d’acheter l’application. « À prix très abordable », soutient Eris Rabedaoro, celui qui prône une tradition astrologique ouverte au monde et surtout qui se réconcilie avec les Malgaches. Effectivement, le coût de la version de base peut déjà s’acquérir si un lycéen ou une lycéenne économise son goûter pendant six mois.

C’est là ensuite que cela devient intéressant. D’abord, « Oana » est divisée en deux : celle qui est prévue pour le commun des mortels et celle pour les initiés. Après, l’utilisateur ou l’utilisatrice peut demander ce qu’il ou elle veut. « L’astrologie malgache ne se focalise que sur le temps, mais il y a aussi l’astrologie de l’espace », fait savoir le « chef de projet ». Untel souhaite connaître les meilleurs moments pour réaliser une tâche, il suffit de cliquer. Une autre veut savoir où se placer dans une pièce lors d’une réunion professionnelle : une « boussole » avec transposition réelle peut l’aider. Monsieur et Madame veulent circoncire le petit dernier, « Oana » les conseillera sur le choix du bon jour, des rituels traditionnels et des « ingrédients » à réaliser. Pour savoir si tel lieu est propice à la construction, dans tout Madagascar et hors de ses frontières, il suffit de demander. L’application va même jusqu’à donner le plan 3D d’une maison qui respecte les orientations favorables et les interdits à honorer. Rien n’y échappe, même dans les îles voisines : les lieux sacrés dans toute la Grande île et leur pourcentage de sacralité, d’« énergie vibratoire », etc. Ces exemples sont encore minimes par rapport aux capacités de « Oana ». Un informaticien malgache, qui a tenu à ne pas être cité, est l’un des artisans de cet outil. « Succès » ou controverse, c’est déjà une petite révolution en soi. 

Maminirina Rado

Cinéma : Le Coruskan en avant-première à Madagascar

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Ce jour, Cinépax Madagascar ouvre ses portes à Le Coruskan, le long-métrage réalisé et produit par Fred Eyriey. Après avoir marqué les esprits à La Réunion, où il est resté en salle trois mois durant, ce qui est déjà un exploit rare, le film arrive à Madagascar avant de poursuivre sa route vers la métropole, où sa sortie nationale est prévue pour février 2027. 

Fred Eyriey revendique un cinéma libre, affranchi des contraintes commerciales. Il raconte avoir voulu créer une œuvre qui existe par sa force poétique et non par son budget. Tourné à Cilaos, au cœur des montagnes réunionnaises, le film suit Gito, un homme simple et heureux, soudain confronté à l’héritage de plusieurs hectares de terre à la mort de son père. Dans un village où la terre est précieuse, cette transmission devient le point de départ d’un récit sur la mémoire, l’amour et la lumière qui relie les générations. 

Les critiques ont déjà salué la singularité de l’œuvre. Patricia de Bollivier, dans Parallèle Sud, évoque « un rythme de lente respiration », une poésie où les morts continuent de murmurer à travers les paysages, les lucioles et les falaises. D’autres voix soulignent la sobriété du jeu des acteurs, notamment Jean-Laurent Faubourg, Anne-Gaëlle Hoarau et Daniel Léocadie, et la puissance visuelle d’un film qui fait de la nature un personnage à part entière. Le coruskan, ce galet rond orné d’un miroir, devient le symbole de transmission et de survie, reflet discret mais essentiel de la philosophie du réalisateur. 

Si Madagascar accueille le film avant la France, c’est par choix délibéré. Fred Eyriey insiste sur l’importance de privilégier les îles dans la diffusion de ses œuvres, afin d’accompagner l’émergence d’un cinéma de l’océan Indien. Ce geste est autant culturel que politique : il place les territoires insulaires au centre d’un mouvement artistique qui veut raconter ses propres histoires avant de les livrer au monde. 

Avec Le Coruskan, Madagascar devient le théâtre d’une première qui dépasse la simple projection. C’est une invitation à respirer au rythme des îles, à écouter leurs voix et à reconnaître la force d’un cinéma enraciné, libre et universel. 

Hanitra Andria