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dimanche, octobre 11, 2026
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Exposition :« Origines » de la photographie à Madagascar   

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Une photo prise par William Ellis de ce qui est probablement l’actuel jardin d’Andohalo, avec la foule, le palais d’Anatirova tout au fond
Une photo prise par William Ellis de ce qui est probablement l’actuel jardin d’Andohalo, avec la foule, le palais d’Anatirova tout au fond

Le père Finaz (1815–1880), un jésuite, serait, d’après les notices du Metropolitan Museum of Art à New York, aux États-Unis, le premier Occidental à avoir photographié Madagascar. Tout en indiquant qu’il s’agit de conclusions historiques fondées sur des documents et témoignages. Quand William Ellis (1794–1872), missionnaire à la London Missionary Society, arrive à Tananarive en 1853, il venait d’être formé par Roger Fenton (1819–1869) dans l’art de la photo. Lui et James Cameron se connectent et vinrent les images du pays entre 1850 et 1865. L’homme d’église prend presque tout ce qui lui tombe sous les yeux, des scènes de la vie quotidienne aux membres de la famille royale. Bref, les images d’un pays encore libre avant l’arrivée des Français colons. Ainsi, une exposition est organisée au Musée de la Photographie à Anjohy depuis le 3 octobre, intitulée « Origines », sur l’histoire de la photographie à Madagascar.

Maminirina Rado

Santé maternelle et infantile : Madagascar lance l’application mobile gratuite « Izaho sy ny sombin’ny aiko »

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L'objectif principal de cette application est de prévenir les complications graves pouvant survenir pendant la grossesse
L’objectif principal de cette application est de prévenir les complications graves pouvant survenir pendant la grossesse

Le gouvernement malgache poursuit ses efforts pour offrir des services de santé de qualité à l’ensemble de la population. Au cœur de cette initiative, la santé de la mère, de l’enfant et des jeunes représente un pilier majeur pour garantir un avenir serein aux générations futures. Dans cette dynamique, le ministère de la Santé publique s’est associé à l’organisation FISA Madagascar ainsi qu’à plusieurs partenaires institutionnels et techniques, notamment du secteur de la communication, pour concrétiser un projet d’envergure nationale en matière de prévention médicale. Les deux institutions annoncent le lancement officiel de l’application mobile intitulée « Izaho sy ny sombin’ny aiko », prévu pour le 7 octobre 2026. Accessible entièrement gratuitement, cet outil numérique s’adresse à toutes les mères ainsi qu’à leurs proches. La grossesse et la maternité constituent des étapes clés de la vie qui nécessitent une préparation rigoureuse, des connaissances fiables et un accompagnement de tous les instants.

Prévention. L’objectif principal de cette plateforme est de prévenir les complications graves pouvant survenir pendant la grossesse, au moment de l’accouchement ou durant la période postnatale. Face aux défis d’accès aux infrastructures médicales, notamment pour les femmes résidant loin des centres de santé, l’application met à disposition des informations vitales. Elle permet de reconnaître rapidement les signes de danger, de savoir quelle conduite adopter en cas de difficulté et d’apaiser les inquiétudes légitimes des futures mères grâce à des conseils pratiques et vérifiés. Pensée comme un compagnon numérique du quotidien, la plateforme implique l’ensemble du cercle familial. Si les femmes enceintes y trouvent un guide précieux pour préparer leur accouchement et suivre l’évolution de leur santé, les conjoints, la famille et le personnel soignant y disposent également de fonctionnalités adaptées pour apporter leur contribution. Grâce à cet outil interactif, la détection précoce des symptômes permet une prise en charge rapide, marquant une avancée significative pour la protection de la mère et de l’enfant à Madagascar.

Narindra Rakotobe

Températures : La hausse gagne les Hautes Terres et l’Est dès demain

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Le thermomètre devrait progressivement grimper dans plusieurs parties de Madagascar cette semaine. D’abord attendue dans le Sud-Ouest, la hausse des températures maximales s’étendra vers le centre et le versant oriental du pays à partir du 7 octobre. Des maximales pouvant atteindre 38 °C sont annoncées à l’échelle nationale.

Le thermomètre devrait grimper dans plusieurs régions au cours de la semaine du 5 au 11 octobre 2026. Dans sa dernière tendance hebdomadaire, publiée dimanche dernier, la Direction générale de la météorologie (DGM) de Madagascar prévoit d’abord une hausse des températures maximales dans le Sud-Ouest du pays. Le phénomène devrait ensuite s’étendre car, à partir de demain, cette hausse concernera également les Hautes Terres centrales ainsi que le versant oriental. La lecture de cette tendance hebdomadaire indique qu’à l’échelle nationale, les températures maximales prévues durant la semaine évolueront ainsi entre 23 et 38 °C, tandis que les minimales devraient se situer entre 12 et 26 °C.

Contrastée. Cette montée des températures ne signifie pas pour autant que l’ensemble du pays connaîtra un temps sec. La semaine sera marquée par des conditions contrastées. Des averses localement orageuses restent probables sur le Centre-Ouest et les Hautes Terres centrales. Elles toucheront également la moitié Sud jusqu’à jeudi, avant de s’étendre au Nord-Ouest à partir de vendredi. Par ailleurs, le Sud-Est fait l’objet d’une vigilance fortes pluies, tandis que des vents forts sont prévus sur le littoral Sud jusqu’à demain. La hausse annoncée des températures constitue ainsi l’une des principales évolutions à suivre cette semaine. Elle progressera du Sud-Ouest vers le centre et l’Est du pays. Les données de cette tendance hebdomadaire ne permettent toutefois pas, à elles seules, de déterminer si les températures attendues seront supérieures aux normales saisonnières d’un début octobre.

José Belalahy

Industrie agroalimentaire : Une filière handicapée par le manque de structuration, selon Jonah Andriamanantoanina

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Malgré l’importance de l’agriculture dans l’économie et les moyens d’existence de la population, Madagascar peine encore à développer une véritable industrie de transformation des produits agricoles.

Pour Jonah Andrianantoanina, cette situation s’explique notamment par une structuration encore insuffisante des filières agricoles.

Meilleure coordination

L’économiste cite la fragmentation de la production et des producteurs comme l’une des principales difficultés à résoudre. Il constate notamment une forte hétérogénéité de la qualité des produits et une offre qui ne permet pas toujours de répondre de manière régulière aux exigences des entreprises de transformation. À cela s’ajoute l’absence de marchés suffisamment stables et structurés. « Pour qu’une industrie agroalimentaire puisse se développer, elle doit pouvoir disposer de matières premières en quantité suffisante, de qualité régulière et à des conditions permettant de garantir la rentabilité des investissements », soutient Jonah Andriamanantoanina, qui milite pour une meilleure coordination entre les différents acteurs. « Producteurs, collecteurs, transformateurs, distributeurs et investisseurs doivent pouvoir être davantage intégrés dans une même chaîne de valeur », explique-t-il, en ajoutant que cette faiblesse de l’intégration constitue également un frein à l’industrialisation. « En l’absence de débouchés clairement identifiés et de relations durables entre producteurs et entreprises, les investissements dans les unités de transformation restent difficiles à sécuriser. »

Valeur ajoutée

Une manière d’expliquer que le problème se situe aussi au niveau de la valeur ajoutée. « Produire davantage ne suffit pas si une grande partie des produits agricoles est commercialisée sous leur forme brute ou faiblement transformée. La transformation permet de conserver une plus grande partie de la valeur créée à Madagascar, tout en développant de nouvelles activités industrielles, des emplois et des débouchés pour les producteurs ». L’enjeu consiste ainsi à passer progressivement d’une agriculture principalement orientée vers la production et la commercialisation de matières premières à une agriculture davantage intégrée dans des chaînes de transformation et de commercialisation. Cette évolution pourrait concerner aussi bien les produits vivriers destinés au marché intérieur que les produits d’exportation. Elle suppose cependant des investissements importants dans les infrastructures, les équipements, la logistique, le stockage, la chaîne du froid et les unités de transformation.

Cadre fiscal incitatif

Jonah Andriamanantoanina soutient aussi que le développement simultané de l’agriculture, de l’élevage et de l’industrie nécessite une politique de développement audacieuse, capable de dépasser les interventions dispersées et de favoriser l’émergence de véritables chaînes de valeur. Des projets d’envergure pourraient notamment permettre de rapprocher les zones de production des unités industrielles et de créer les conditions d’une transformation plus importante des produits agricoles. L’un des enjeux majeurs réside également dans la capacité des entreprises à investir durablement à Madagascar. C’est justement dans cette perspective que l’économiste milite pour la mise en place d’un environnement fiscal incitatif, stable et attractif. Grâce à cela, on pourrait donner davantage de visibilité aux investisseurs et réduire les incertitudes qui peuvent freiner les décisions d’investissement dans des activités industrielles nécessitant souvent des capitaux importants et une rentabilité sur le moyen ou le long terme. « La stabilité du cadre fiscal et réglementaire apparaît comme un élément essentiel. Un investisseur dans l’agroalimentaire doit pouvoir avoir une visibilité suffisante sur ses coûts, ses débouchés et les règles qui encadreront son activité », conclut Jonah Andriamanantoanina.

R.Edmond.

Action gouvernementale : Des changements palpables sur la croissance et les services essentiels, selon le premier ministre

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Le Premier ministre a présenté les principales réalisations du Gouvernement au cours des six premiers mois de l’année, avec un accent sur leurs effets concrets sur le quotidien des Malgaches.
Le Premier ministre a présenté les principales réalisations du Gouvernement au cours des six premiers mois de l’année, avec un accent sur leurs effets concrets sur le quotidien des Malgaches.

Croissance au-dessus des prévisions, prix des carburants contenus, amélioration de l’approvisionnement en eau et en électricité, santé de proximité, soutien à l’agriculture : le Premier ministre a présenté des avancées destinées à se traduire dans le quotidien.

Le Premier ministre Mamitiana Rajaonarison a dressé, sur la chaîne nationale, le tableau des six premiers mois d’action gouvernementale, avec une économie qui retrouve des marges et des mesures destinées à protéger les ménages. La croissance a atteint 4,1 %, dépassant les 3,8 % inscrits dans la Loi de Finances Rectificative. Dans le même temps, le prix des carburants a été maintenu malgré la hausse des cours, afin d’éviter un renchérissement du transport et, par effet domino, des produits de première nécessité. L’Ariary s’est raffermi et les réserves en devises ont progressé, tandis que la suppression de la TVA de 20 % dans certains secteurs vise à libérer davantage de capacités d’investissement. Le Gouvernement entend parallèlement poursuivre la maîtrise de la dette. Cette orientation cherche ainsi à consolider la reprise tout en préservant le pouvoir d’achat. Sur l’énergie, l’État continue notamment de prendre en charge l’approvisionnement en carburant nécessaire à la JIRAMA, tout en recherchant des sources d’achat moins coûteuses et en accélérant la diversification énergétique.

Impacts sur les ménages

C’est sur les services essentiels que l’Exécutif veut rendre les avancées les plus visibles. À Antananarivo, plus de 700 000 personnes sont concernées par les efforts engagés sur l’approvisionnement en eau. Pour l’électricité, les mesures ont porté sur l’augmentation de la production, l’acquisition de groupes électrogènes représentant 35 MW supplémentaires et la sécurisation des besoins en carburant. Le projet Volobe demeure, de son côté, l’un des leviers attendus pour renforcer durablement l’offre. La prochaine étape portera davantage sur la distribution et l’amélioration des réseaux afin que l’augmentation des capacités bénéficie effectivement aux usagers. Dans la santé, des ambulances ont été réparties dans les 24 régions, 260 CSB ont reçu des équipements de scanner et 90 autres ont été mis aux normes. Sur le foncier, la sécurisation des droits se poursuit, tandis que 84 % des dossiers de litiges concernés ont déjà été jugés. Dans l’agriculture, la réduction progressive des importations de riz passe par l’augmentation de la production locale, le recours au riz hybride et l’appui aux producteurs en tracteurs, semences, engrais et matériels.

Proximité et services accélérés

Le Gouvernement veut désormais inscrire ces réalisations dans une transformation plus profonde de l’administration. Les procédures doivent être raccourcies, le traitement des dossiers accéléré et l’intégrité du service public renforcée, parallèlement à la revalorisation de différentes indemnités des agents de l’État. La lutte contre la corruption et les trafics, notamment l’exportation illicite d’or, est présentée comme une ligne rouge, avec la volonté de poursuivre les réseaux impliqués indépendamment du statut de leurs membres. La sécurité doit également être renforcée par de nouveaux recrutements, davantage d’équipements et de caméras de surveillance, ainsi que par l’implication des communautés à travers les Dina et l’Andrimasom-pokonolona. Les jeunes occupent une place particulière dans cette dynamique, avec davantage de responsabilités dans l’administration, le projet Fandrodro de prêts sans intérêt et Tosik’art en faveur des industries culturelles. En parallèle, consultations politiques et enrôlement biométrique préparent les prochaines échéances électorales. Après six mois d’efforts, le cap annoncé est celui de l’accélération : faire en sorte que croissance, investissements publics et réformes se mesurent avant tout dans les conditions de vie des Malgaches.

Antsa R

Baie d’Antongil : Des zones marines étendues sur plus de 400 000 ha à sécuriser 

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Les préfets ont signé un arrêté pour mettre en protection temporaire la Baie d’Antongil.
Les préfets ont signé un arrêté pour mettre en protection temporaire la Baie d’Antongil.

Une nouvelle Aire Marine Protégée a été créée dans la Baie d’Antongil en vue de protéger les ressources naturelles marines et côtières.

L’objectif consiste à sécuriser des zones littorales et marines étendues sur une superficie de plus de 400 000 ha, réparties entre les régions d’Ambatosoa et de la SAVA. Deux préfets ont signé dernièrement l’arrêté de mise en protection temporaire de cette nouvelle Aire Marine Protégée de la Baie d’Antongil, à Maroantsetra, et ce, pour une période de deux ans. Cette décision marque une étape réglementaire franchie avant le classement définitif de ce site promu par la Wildlife Conservation Society. Il faut savoir que plus de 100 000 personnes vivant dans les communautés environnantes dépendent des ressources marines dans la Baie d’Antongil, étant donné qu’il s’agit de leur principale source d’activité et de moyen de subsistance. Ces communautés locales ont d’ailleurs manifesté leur volonté de contribuer à la protection de ces zones littorales et marines ainsi que des ressources marines de leur territoire, lors de la consultation publique, tout en soulignant l’importance de la cogestion du site et du soutien à leurs moyens de survie.

Zone de reproduction des baleines. La promulgation de cet arrêté vise à appliquer des mesures de gestion des ressources marines. Les populations issues de 14 fokontany dans 16 communes, réparties dans les districts de Maroantsetra, de Mananara Nord et d’Antalaha, sont concernées. À titre d’illustration, elles s’engagent à entreprendre une activité de pêche de manière durable sur les Aires de Pêche gérées localement. Les communautés locales travaillent également en étroite collaboration avec les officiers de police judiciaire pour mener des patrouilles de surveillance. La Baie d’Antongil a été choisie par le ministère de l’Environnement et du Développement durable par le biais du projet GEF6-AMP, ou projet d’extension et de consolidation du Réseau des Aires Protégées Marines de Madagascar, financé par le Fonds pour l’Environnement mondial. En effet, c’est une zone de reproduction des baleines à bosse, qui y passent à chaque hiver austral. La Baie d’Antongil est également classée Zone clé de la biodiversité, étant donné que plus de 1 % de la population mondiale de cette espèce migratrice s’y concentre durant cette période.

Gouvernance partagée. Par ailleurs, le site abrite 13 espèces de mammifères marins, trois espèces de tortues marines et 140 espèces de poissons, dont 19 espèces de requins, a-t-on appris. En outre, les ressources marines dans ses récifs, ses herbiers et ses mangroves constituent les principales sources de revenu et les moyens de subsistance de toutes les familles de pêcheurs vivant dans les zones côtières. Toutes les parties prenantes dont, entre autres, les autorités locales, les représentants des services techniques déconcentrés, l’ONG MCS et les communautés de pêcheurs organisées en Aires de Pêche gérée localement, s’attèlent depuis plusieurs années à la protection de cette nouvelle Aire Marine Protégée dans la Baie d’Antongil. Elles s’engagent notamment à assurer une gouvernance partagée, ou une cogestion, de ces ressources naturelles marines.

Préserver la biodiversité marine. Avec la Baie d’Antongil, le projet GEF6-AMP, sous tutelle du ministère de l’Environnement et du Développement durable, a contribué à la sécurisation de quatre nouvelles Aires Protégées Marines sous statut de mise en protection temporaire. Les trois autres sites sont notamment Tandavandriva Nosy Be, Atimo Vata’e et Sorkay Sainte-Marie. Ces quatre nouvelles Aires Protégées Marines couvrent au total 1 783 062 hectares. L’objectif consiste à préserver la biodiversité marine exceptionnelle faisant la réputation de la Grande Île au niveau mondial, ainsi qu’à renforcer la résilience des communautés locales de pêcheurs face aux effets néfastes du changement climatique. Pour une meilleure efficacité de la gouvernance et de la gestion locale de ces Aires Protégées Marines, la promotion de la diversification des revenus des pêcheurs, à travers la mise en place d’activités génératrices de revenus, constitue une priorité. Ces communautés issues de la zone côtière des sites protégés doivent également tirer profit des retombées économiques de la conservation.

Navalona R

Marché des devises : Nouvelle dépréciation de la monnaie nationale

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Après avoir connu une relative bonne santé en début d’année, la monnaie nationale subit de nouveau des pressions sur le marché des changes.

Entre le 25 mars 2026, date de la nomination du gouvernement Mamitiana Rajaonarison, et le 30 septembre dernier, l’ariary a enregistré une dépréciation face aux principales devises de référence.

Structurellement dépendant

Selon les taux de change de la Banky Foiben’i Madagasikara (BFM), sur cette période, le dollar est passé de 4 167,57 ariary à 4 426,02 ariary, soit une appréciation de 6,2 %. De son côté, l’euro est passé de 4 739,45 à 4 974,79 ariary, enregistrant une progression de près de 5 %. Cette appréciation des devises de référence, ou inversement la dépréciation de l’ariary, s’explique en premier lieu par la situation des échanges extérieurs du pays, qui demeure structurellement dépendant des importations. Madagascar importe notamment les produits énergétiques, les biens d’équipement et une partie importante des produits de consommation. Cette situation entretient une demande soutenue de devises étrangères, alors que l’offre demeure encore limitée. Sur ce point, d’ailleurs, le FMI fait état d’un déficit courant qui devrait atteindre 8,3 % du PIB en 2026, contre 6 % en 2025. À cela s’ajoute le renchérissement de la facture pétrolière, marqué par la hausse des cours du pétrole brut, qui se répercute directement sur les besoins en dollars des opérateurs chargés de l’approvisionnement du pays. Les besoins supplémentaires en importations liés à la reconstruction après le passage des cyclones constituent également un autre facteur de hausse de la demande en devises. Alors que l’offre n’évolue pas correctement, en raison des performances encore limitées de certaines filières exportatrices, notamment le nickel, la vanille et le textile. En somme, Madagascar continue de subir les effets néfastes du déséquilibre entre l’offre et la demande de devises, auquel s’ajoutent les fluctuations des grandes monnaies sur les marchés internationaux.

Réserves en devises

Mais la situation n’est pas aussi alarmante qu’on peut le croire. Cette dépréciation ne signifie pas nécessairement que le pays se trouve dans une situation de rupture de liquidités extérieures. D’après le FMI, le pays dispose encore de réserves en devises représentant 6,1 mois d’importations en 2026, contre 6,9 mois en 2025. Des réserves qui vont encore se renforcer grâce à l’approbation des troisième et quatrième revues du programme soutenu par la Facilité élargie de crédit (FEC) et la Facilité pour la résilience et la durabilité (FRD), avec, à la clé, le décaissement d’environ 155 millions de dollars, susceptible de contribuer au renforcement des réserves et à la couverture des besoins de financement extérieur. Par ailleurs, la politique monétaire prudente adoptée par la BFM joue un rôle important dans le maintien de l’équilibre, en limitant l’inflation. Le relèvement du taux directeur de la Banque centrale à 12,5 % en août dernier s’inscrit notamment dans cette logique de maîtrise des pressions inflationnistes.

Incertitudes

Quoi qu’il en soit, le gouvernement a intérêt à poursuivre cette politique de prudence pour bien gérer les trois derniers mois, qui pourraient être marqués par des incertitudes. La demande de devises pourrait demeurer importante, compte tenu des besoins d’importation, de la facture énergétique et des dépenses traditionnellement liées à la fin de l’année. L’évolution des cours internationaux du pétrole constituera notamment un facteur déterminant, dans la mesure où une nouvelle hausse des prix pourrait accentuer les besoins en dollars et exercer des pressions supplémentaires sur l’ariary. À l’inverse, une détente des cours pétroliers, combinée à une amélioration des recettes d’exportation et à des entrées régulières de financements extérieurs, pourrait contribuer à stabiliser le marché des changes. Le maintien des réserves internationales à un niveau relativement confortable et les décaissements attendus des partenaires financiers constituent également des facteurs susceptibles d’amortir les tensions. Et permettre au peuple malgache de passer les fêtes de fin d’année dans les meilleures conditions possibles.

R.Edmond.

Prix de Carburants : Hausse de 200 ariary par litre pour le pétrole lampant

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Le prix du pétrole lampant a été relevé de 200 ariary par litre depuis le 5 octobre, passant de 3 710 à 3 910 ariary. Le supercarburant reste, pour sa part, à 5 300 ariary le litre et le gasoil à 4 860 ariary. Selon les indications données par le Premier ministre, ces deux derniers prix devraient rester inchangés au moins jusqu’en décembre. Cette évolution intervient quelques jours après l’achèvement, par le Conseil d’administration du FMI (Fonds monétaire internatioanl), des troisième et quatrième revues des programmes soutenus par la Facilité élargie de crédit et la Facilité pour la résilience et la durabilité. La question des prix à la pompe occupe une place importante dans ces programmes. Le mécanisme d’ajustement prévoit un rapprochement progressif entre les prix pratiqués et les prix de référence, avec des variations mensuelles plafonnées à 200 ariary par litre. L’objectif est d’éviter que l’écart ne soit durablement pris en charge par les finances publiques. Le FMI estime qu’une application complète du mécanisme à partir de janvier 2027 permettrait de réduire les risques budgétaires et de réorienter davantage de ressources vers la santé, l’éducation et la protection sociale. Le pétrole lampant reste toutefois particulièrement sensible, notamment pour les ménages modestes. Le FMI préconise d’ailleurs que l’ajustement s’accompagne de mesures ciblées en faveur des plus vulnérables. La hausse d’octobre illustre ainsi l’équilibre recherché entre rapprochement des prix de référence, maîtrise des finances publiques et protection du pouvoir d’achat.

Antsa R.

Remaniement : Plusieurs ministres en mauvaise posture   

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Sur les réseaux sociaux, les critiques se multiplient et visent directement plusieurs membres du gouvernement de Mamitiana Rajaonarison.
Sur les réseaux sociaux, les critiques se multiplient et visent directement plusieurs membres du gouvernement de Mamitiana Rajaonarison.

Alors que le Premier ministre Mamitiana Rajaonarison vient de présenter un bilan globalement jugé positif de ses six premiers mois à la tête de l’Exécutif, le climat politique et social demeure sous haute tension. Sur le terrain, et plus particulièrement sur la Toile, la frange jeune de la population, la Génération Z, maintient une pression constante sur les institutions.

Dans les travées d’Anosy et les coulisses de la capitale, les rumeurs d’un éventuel remaniement ministériel enflent de jour en jour. Face à cette épée de Damoclès, plusieurs membres du gouvernement s’activent, multipliant les bilans et les interventions médiatiques pour tenter de rassurer l’opinion publique et, surtout, de sauver leur strapontin. Pourtant, la réalité des faits rattrape la communication gouvernementale. À l’heure actuelle, au moins cinq départements ministériels cristallisent la colère et le mécontentement des citoyens. Les critiques fusent sur les réseaux sociaux, où les internautes malgaches dissèquent et relaient point par point les manquements constatés.

Coupures d’électricité. Au premier rang de cette contestation numérique figure le ministère de l’Énergie et des Hydrocarbures, piloté par Radonirina Lucas Rabearimanga. Alors même que les récurrentes coupures d’électricité et les problèmes de délestage ont constitué la mèche des mouvements sociaux de 2025 – précipitant la chute du régime précédent –, le fléau refait surface, exaspérant des foyers déjà lourdement éprouvés. Du côté du ministère des Mines et des Ressources stratégiques, la grogne persiste de plus belle. La gestion des exploitations informelles et illégales continue de faire débat. Ce secteur ultra-stratégique, malgré les promesses répétées d’assainissement, échappe encore et toujours à un contrôle rigoureux de l’État. Carl Andriamparany fait partie de la short list des ministres en mauvaise posture.

Tempête de critiques. Autre cible de choix : le ministère du Tourisme. Acteurs et observateurs du secteur regrettent amèrement le manque d’initiatives fortes et d’actions d’envergure pour dynamiser cette vitrine économique majeure. La ministre Lucie Vololoniaina se trouve ainsi au cœur d’une tempête de critiques. Le secteur de la santé constitue, quant à lui, l’un des points les plus inflammables. La gestion de la crise sanitaire et humanitaire à Ifanadiana, marquée par des décès d’enfants tragiquement recensés, a terni l’image de la ministre, la Dr Managna Monira, et a profondément choqué l’opinion.

Jour férié. Au ministère du Travail, de l’Emploi et de la Fonction publique (MTEFoP), la situation s’est détériorée à la faveur de la récente polémique entourant la gestion du jour férié du 25 septembre dernier. Le ministre Denis Franconio Mac est ainsi devenu la cible privilégiée des grognements citoyens. Enfin, le ministère de l’Enseignement technique et de la Formation professionnelle n’est pas en reste. Todisoa Andriamampandry fait face à une volée de bois vert sur les réseaux sociaux, notamment en raison des controverses entourant les processus de recrutement au sein de son département.

Nouveau souffle. Cette fronde 2.0, portée par une jeunesse ultra-connectée et exigeante, place le chef du gouvernement face à ses responsabilités historiques. Le Premier ministre Mamitiana Rajaonarison saura-t-il entendre ces doléances citoyennes et insuffler un nouveau souffle indispensable à son équipe ? Le spectre d’un remaniement n’a jamais été aussi palpable à Mahazoarivo. Une chose est sûre : les ministres épinglés n’ont plus droit à l’erreur. L’opinion publique, désormais actrice et vigilante, attend des actes forts et des résultats tangibles, bien loin des simples effets d’annonce.

Julien R.

Fanirisoa Ernaivo : Vers la traque des capitaux suspects placés à l’étranger

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La ministre de la Justice et Garde des Sceaux, Fanirisoa Ernaivo
La ministre de la Justice et Garde des Sceaux, Fanirisoa Ernaivo

Les capitaux malgaches logés à l’extérieur se trouvent désormais sous le projecteur des autorités judiciaires. La ministre de la Justice, Fanirisoa Ernaivo, a fait part, hier à Ankorondrano, de l’ouverture d’investigations poussées ciblant les dépôts bancaires ainsi que le patrimoine immobilier ou mobilier qui y est associé, disséminés dans au moins six pays tiers. La démarche vise principalement à faire toute la lumière sur le risque de flux illicites, de blanchiment d’argent et sur les avoirs dont la provenance demeure douteuse ou non justifiée.

Indices. Face à la sophistication grandissante des réseaux financiers transfrontaliers, le Garde des Sceaux entend doter les juges et magistrats d’outils performants. En effet, plusieurs acteurs majeurs du secteur judiciaire, tout particulièrement le personnel et les enquêteurs rattachés au Pôle anti-corruption (PAC), bénéficient ces jours-ci d’une session de renforcement de capacités sur mesure. Ce programme d’apprentissage accéléré ambitionne d’aiguiser leurs réflexes en matière de recherche d’indices, de recoupements comptables et d’engagement efficace des procédures pénales.

Poursuites. Pour la Grande Île, la finalité s’avère stratégique : sécuriser l’arsenal juridique afin d’être en mesure de déclencher promptement des poursuites judiciaires ciblées, d’ordonner le gel préventif ou la saisie définitive de biens mal acquis, que ce soit sur le territoire national ou à l’échelle internationale. D’après la ministre de la Justice, cette initiative d’envergure reflète la volonté ferme de l’État d’intensifier la lutte contre les malversations financières et d’endiguer la criminalité financière transfrontalière qui pénalise l’économie du pays.

Julien R.