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lundi, octobre 19, 2026
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ASIEF 2026 : John Love dénonce des manœuvres perturbatrices

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Les finales de la discipline de basket-ball de la région Analamanga se sont déroulées au gymnase d’Ankorondrano, hier.
Les finales de la discipline de basket-ball de la région Analamanga se sont déroulées au gymnase d’Ankorondrano, hier.

Le ton est monté hier au gymnase couvert d’Ankorondrano. Le président de l’ASIEF (Association sportive interministérielle pour l’entretien des fonctionnaires), Botosera Jean Aimé Andrianarison, dit John Love, a réagi fermement aux rumeurs de nouvelles élections internes. « Ceux qui s’attroupent pour préparer un scrutin parallèle ne sont rien d’autres que des perturbateurs », a-t-il déclaré, rappelant que seule l’instance composée des clubs sportifs et de santé, des techniciens et des représentants ministériels est habilitée à décider au sein de l’association. Le président a précisé que deux recours ont déjà été déposés : l’un visant la suspension du décret n°006 du 8 juillet, rejeté, et l’autre demandant son annulation, toujours en cours d’examen. « Je reste le président légitime de l’ASIEF », a insisté John Love, balayant les tentatives de déstabilisation.

Sur le plan sportif, il a confirmé que les Jeux Nationaux de Manakara se tiendront du 17 au 29 août. « Les préparatifs sont achevés à 95% : infrastructures, hébergements et terrains sont prêts », a-t-il assuré. Il a également ouvert la porte à une participation élargie : « Tous les fonctionnaires peuvent s’inscrire, même ceux qui n’ont pas disputé les compétitions régionales, à la demande de plusieurs ministères ». À ce jour, près de 13 000 agents se sont enregistrés et les organisateurs estiment que le chiffre pourrait grimper à 15 000. Une affluence qui traduit, selon John Love, l’esprit de cohésion et de fraternité que l’ASIEF entend préserver, loin des polémiques.

Heriniaina Samson

Master de pétanque : Première victoire de Dream Team, Étoiles du Sud toujours leaders

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La cinquième étape des Masters de pétanque 2026, disputée les 4 et 5 août à Santa Susanna (Espagne), a marqué un tournant. Les Étoiles du Sud, portées par les Malgaches expatriés Yves Rakotoarisoa et Zigle Rakotondrainibe, avaient pourtant bien entamé leur parcours. En poules, ils ont dominé l’équipe Doerr (13-4), puis l’équipe Bonetto (13-12), se qualifiant directement pour les demi-finales. Mais face à Zigler, la marche s’est révélée trop haute. Battues 13-9, les Étoiles du Sud ont vu s’échapper une nouvelle finale. Celle-ci a opposé Zigler à la Dream Team, qui s’était qualifiée pour la première fois de la saison en dominant Bonetto (13-2). La Dream Team a ensuite signé une victoire historique chez les hommes, s’imposant 13-2 en finale. Malgré ce revers, les Étoiles du Sud conservent la première place du classement général avec 40 points. Derrière, Bonetto suit avec 37 points, Zigler grimpe à 32, Rocher reste quatrième (29 points), Dream Team cinquième (25 points), Doerr sixième (20 points), tandis que l’Allemagne ferme la marche avec 5 points. La compétition se poursuit avec la sixième étape prévue à Rognac les 18 et 19 août, avant l’ultime rendez-vous à Nevers les 26 et 27 août. Les quatre premiers du classement accéderont au prestigieux Final Four des 6 et 7 septembre, où se jouera le titre de cette édition 2026.

Heriniaina Samson

Afrobasket U18 : Les Ankoay arrachent la victoire contre le Gabon au buzzer

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(crédit photo FIBA)
(crédit photo FIBA)

Les Ankoay U18 ont signé leur première victoire au buzzer à l’Afrobasket U18, à Abidjan. Au terme d’une rencontre à rebondissements, les protégés de Tojo Rasamoelina ont dominé le Gabon sur le fil, 68-65, grâce à un tir à trois points d’Yvan Hannafi dans les ultimes instants de la rencontre. Alors que le tableau d’affichage indiquait encore 65-65, Madagascar a trouvé la solution au meilleur moment. Le tir primé d’Yvan a délivré les Ankoay et offert à la sélection malgache un succès particulièrement précieux pour lancer sa campagne africaine.

Les Ankoay ont pris les commandes dès le premier quart-temps. Avec une bonne circulation du ballon et une présence intéressante dans la raquette, les Malgaches ont réussi à contenir les offensives gabonaises. Après dix minutes, Madagascar mene 19-17. Mais le deuxième quart-temps a complètement changé la physionomie de la rencontre. Le Gabon a haussé le ton et profité des difficultés offensives malgaches pour prendre le contrôle du match. Les Gabonais ont notamment pu compter sur leur principal artificier, Daryll, particulièrement efficace. À la pause, le Gabon a renversé la situation et compte dix points d’avance : 37-27.

Feu

Malgré ce retard, les Ankoay n’ont pas paniqué. Au retour des vestiaires, les joueurs de Tojo Rasamoelina ont affiché davantage d’intensité et retrouvé leur efficacité offensive. A’ranty a été l’un des grands artisans de cette remontée. Le meneur malgache a livré une prestation très complète, avec 25 points, 10 passes décisives et 5 rebonds. Véritable chef d’orchestre des Ankoay, il a pesé aussi bien à la création qu’à la finition. Dans la raquette, Thesbon a également livré une prestation solide. Auteur de 10 points et 11 rebonds, avec en prime un contre, il a contribué à permettre à Madagascar de reprendre progressivement le contrôle du secteur intérieur. Les Ankoay ont ainsi réalisé un excellent troisième quart-temps pour reprendre les commandes. Après trente minutes, Madagascar était devant 51-48.

Suspense

Côté gabonais, Daryll a été particulièrement dangereux tout au long de la rencontre. Avec 27 points, 4 rebonds et 2 interceptions, il a constamment maintenu son équipe dans le match. Il a été bien épaulé par Ray, auteur de 16 points, 4 rebonds et 3 passes décisives, ainsi que par Junior, qui a signé un double-double avec 11 points et 11 rebonds, auxquels s’ajoutent 2 passes décisives. Le duel entre les deux équipes est donc resté indécis jusqu’aux dernières secondes. Le quatrième quart-temps a été particulièrement intense. Madagascar et le Gabon se sont rendu coup pour coup. Chaque possession pouvait faire basculer la rencontre. Les Gabonais ont réussi à revenir au score et, à quelques instants de la fin, les deux équipes étaient dos à dos : 65-65. Sur la dernière possession, Madagascar a fait confiance à Yvan. Le jeune Ankoay a pris ses responsabilités et a déclenché un tir à trois points. Le panier a fait exploser le banc malgache et a permis à Madagascar de s’imposer 68-65. Yvan termine la rencontre avec 8 points, 5 rebonds et 2 interceptions, mais ses trois derniers points sont, sans aucun doute, les plus importants de la soirée.

T.H

Comme une lettre à la poste

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La Haute Cour constitutionnelle a rendu une double décision au cours de son audience privée du 3 août 2026.

Comme une lettre à la poste

La première décision concerne la loi fixant les principes régissant l’exercice de certaines activités de l’aval pétrolier par une entité habilitée par l’État malagasy. Le juge constitutionnel considère que « le caractère transitoire du régime particulier d’autorisation d’exploitation accordé à l’entité, ainsi que le caractère progressif du déploiement territorial, confirment que la restriction apportée à la liberté d’entreprise demeure proportionnée à l’objectif poursuivi et n’en affecte pas la substance ». Un objectif de souveraineté énergétique et de couverture nationale équitable qui n’est pas contraire au principe d’égalité garanti par la Constitution. La loi votée le 1er juillet 2026 par l’Assemblée nationale ne méconnaît pas non plus le droit de propriété consacré par la même Constitution, d’après la HCC. En soulignant que, même si elle « impose aux logisticiens et titulaires de licences de stockage d’accorder à l’entité habilitée une capacité de stockage correspondant à sa cargaison ou à sa part de marché, cela ne constitue pas une expropriation ni une privation de propriété (…) ». Les 65 000 m3 de gas-oil prévus d’être débarqués prochainement au port de Toamasina seront donc stockés dans les cuves des opérateurs historiques du secteur pétrolier aval, qui conservent la propriété des infrastructures concernées. Y compris, sans doute, les stations-services qui serviront à la distribution de cette cargaison de gas-oil, sauf si l’entité en question et/ou l’État malagasy décident de la vendre aux compagnies pétrolières déjà présentes sur le marché. En tout cas, la HCC a donné son aval à la promulgation de cette loi concernant l’… aval pétrolier. Comme elle a déclaré conforme à la Constitution la loi fixant le régime juridique du transfert de plein droit à l’État malagasy des terrains inscrits au nom d’étrangers pendant l’époque coloniale. La « loi Siteny », comme on l’appelle, est aussi passée comme une lettre à la poste à Ambohidahy. Sans la moindre réserve.

R.O

Dr Herinjatovo Aimé Ramiarison : Vers le maintien des actuels prix des carburants jusqu’au mois de décembre

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Madagascar doit protéger son économie tout en veillant à l’atteinte des indicateurs convenus dans le cadre des programmes soutenus par la FEC et la FRD, selon le ministre Dr Ramiarison.
Madagascar doit protéger son économie tout en veillant à l’atteinte des indicateurs convenus dans le cadre des programmes soutenus par la FEC et la FRD, selon le ministre Dr Ramiarison.

Un dollar investi dans la prévention des conflits peut générer jusqu’à 103 dollars d’économies dans les pays ayant connu récemment des violences, selon une étude du FMI. Un constat qui vient nourrir le plaidoyer malgache en faveur du maintien provisoire des prix à la pompe.

Un ajustement différé, afin d’éviter un choc économique et social plus coûteux. C’est ce que Madagascar compte mettre en œuvre. En effet, le gouvernement envisage de maintenir les prix des carburants à la pompe jusqu’à fin décembre 2026. L’objectif annoncé est d’éviter une hausse brutale qui se répercuterait immédiatement sur le transport, les produits de première nécessité, les coûts de production et le pouvoir d’achat. Interrogé en marge de la présentation du rapport de politique monétaire de Banky Foiben’i Madagasikara, au Carlton Anosy, le ministre de l’Économie et des Finances, Dr Herinjatovo Aimé Ramiarison, a insisté sur le caractère temporaire de cette orientation. Il ne s’agit pas d’abandonner le mécanisme d’ajustement, mais d’en réaménager le calendrier, avec un retour progressif à la vérité des prix à partir de janvier 2027.

Dialogue en cours

Le dossier reste sur la table du Fonds monétaire international, dans le cadre des discussions sur le Programme économique de Madagascar soutenu par la Facilité élargie de crédit (FEC), ainsi que sur les réformes appuyées par la Facilité pour la résilience et la durabilité (FRD). Selon les explications du ministre, le FMI n’a pas opposé de refus de principe au choix présenté par Madagascar. L’institution demande toutefois des précisions supplémentaires sur le coût de la mesure, son financement et la soutenabilité des mécanismes compensatoires. Le gouvernement malgache reste convaincu du bien-fondé de cette décision et de la pertinence des arguments avancés auprès du Fonds monétaire international. Le dialogue se poursuit donc entre les deux parties. Pour absorber cet effort temporaire, l’État mise sur la rationalisation de certaines dépenses, la mobilisation de recettes additionnelles et l’accélération de la transition énergétique. Le redressement de la Jirama et le développement des énergies renouvelables doivent notamment réduire la dépendance aux centrales thermiques. Le cap affiché est ainsi de protéger les ménages et l’économie aujourd’hui, tout en préparant une sortie progressive et soutenable dès 2027.

Antsa R.

Taux directeur de la BFM à 12,5% : Vers un équilibre entre maîtrise de l’inflation et financement de l’économie

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La Banque centrale resserre sa politique monétaire. Le ministère de l’Économie et des Finances (MEF), de son côté, veut éviter que la lutte contre l’inflation ne freine l’investissement. Pour les deux parties, l’enjeu est donc de préserver l’équilibre entre stabilité des prix et relance économique, un double défi que les autorités doivent relever. Hier, la Banky Foiben’i Madagasikara (BFM) a annoncé un relèvement de son taux directeur de 12% à 12,5%, après une accélération de l’inflation à 8,6% en juin, contre 6,8% à fin mars. Cette décision a été prise après une longue période d’observation, selon le gouverneur de la BFM, Aivo Handriatiana Andrianarivelo. L’inflation sous-jacente, hors produits volatils comme le riz et l’énergie, a atteint 11,4%. La Banque centrale entend ramener la hausse des prix vers son objectif de moyen terme fixé à 5%. Pour les ménages, cette bataille se joue dans le panier quotidien. L’inflation érode le pouvoir d’achat des foyers vulnérables. Pour les entreprises, elle alourdit les coûts et retarde les investissements. Le ministre de l’Économie et des Finances, Dr Ramiarison Herinjatovo Aimé, insiste sur la nécessité de préserver un cadre macroéconomique stable et la confiance.

Compatibles

L’efficacité de cette hausse dépend toutefois de sa transmission au système bancaire, où la liquidité reste abondante. En juin, la masse monétaire a progressé de 15,1% sous l’effet des avoirs extérieurs, tandis que les crédits bancaires n’ont augmenté que de 8,8%. Cette surliquidité peut atténuer l’impact du taux directeur si les banques recourent peu au refinancement de la BFM, selon les explications. Bref, le défi est d’orienter les ressources vers l’économie réelle. Le MEF travaille à une évolution du crédit bancaire, complétée par le FNDI et le programme FANDROSO, afin de soutenir les PME, l’entrepreneuriat, la production et l’emploi.

Antsa R.

Lemurs’Park : Plus de 4 000 visiteurs enregistrés chaque année

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Sensibilisés à l’éducation environnementale, ces enfants ont eu l’opportunité d’observer les lémuriens de près.
Sensibilisés à l’éducation environnementale, ces enfants ont eu l’opportunité d’observer les lémuriens de près.

Un parc privé, étalé sur une superficie de 5 hectares, est localisé à plus de 22 km de la capitale, sur la RN1, et bordé par la rivière Katsaoka.

Il s’agit de « Lemurs’Park », mis en place depuis plus de 25 ans et qui abrite, comme son nom l’indique, sept espèces de lémuriens diurnes habitués à la présence humaine et vivant en liberté. On y trouve notamment le « Sifaka », ou propithèque de Coquerel, le « Tsibahaka », ou propithèque couronné, le « Maki », ou lémur catta, le « Komba », ou lémur macaco, le « Varika », ainsi que le « Bokombolo », ou lémur de bambou, et l’« Akomba ». « Plus de 4 000 visiteurs du parc sont enregistrés chaque année. Près de 58 % d’entre eux sont des touristes français, tandis que les nationaux ne représentent que 2 à 5 % des visiteurs », a expliqué Andrianantoanina Rakotomamonjy, un guide de « Lemurs’Park ».

Éducation environnementale. « Des touristes en provenance des pays asiatiques et de l’Europe de l’Est ont également été attirés par le parc afin de découvrir ces espèces de lémuriens diurnes, des tortues « Angonoka » et bien d’autres plantes endémiques de Madagascar. On peut citer, entre autres, les baobabs et les « vahona », qui sont exploités pour la fabrication de produits cosmétiques et de médicaments », a-t-il ajouté. Il faut savoir que la mise en place de ce parc privé a pour vocation de favoriser la reproduction de ces espèces de lémuriens, car ce patrimoine identitaire de la destination Madagascar est menacé d’extinction. En outre, 12 000 arbres endémiques y ont été plantés en vue de reconstituer leur habitat.

Par ailleurs, Colas Madagascar soutient Lemurs’Park depuis 2007 pour la promotion de l’éducation environnementale et la conservation de la biodiversité auprès des jeunes générations, dans le cadre de sa démarche RSE. Quarante enfants de ses collaborateurs ont été sensibilisés hier à la protection du patrimoine naturel du pays et aux enjeux environnementaux.

Navalona R.

6 août 1896 : Madagascar changea de maître… et de mémoire

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Les guerres se gagnent sur les champs de bataille. Les empires, eux, préfèrent les décrets. Le 6 août 1896, la France ne conquiert plus Madagascar, elle l’annexe. Deux campagnes militaires auront suffi à faire basculer une île entière dans une autre histoire. La poudre laisse alors la place à l’encre. Une signature remplace les canons. Mais les blessures, elles, ne connaissent ni armistice ni date d’expiration.

À première vue, la défaite du Royaume de Madagascar semble inévitable. L’histoire ne se contente jamais des apparences. Les boulets de canon français n’expliquent pas tout. Avant même les combats, un autre front s’était déjà effondré : celui de la diplomatie. Les Britanniques, longtemps présentés comme les protecteurs du royaume de Rainilaiarivony, avaient discrètement replié leurs intérêts. Londres s’éloignait pendant que Paris avançait. En politique internationale, les alliés ne meurent pas ; ils changent simplement d’agenda.

Le Royaume de Madagascar mérite sa majuscule. Sur les cartes, la monarchie merina étend son autorité sur une grande partie de l’île. Mais une carte ne raconte jamais toutes les histoires. Ce qui ressemble à une unité, vue d’en haut, peut être vécu, sur le terrain, comme une domination. Plusieurs royaumes de la côte regardent alors l’Imerina avec méfiance. Pour eux, l’arrivée des Français n’a pas immédiatement le visage d’un envahisseur. Elle ressemble d’abord à un contrepoids. Voilà le paradoxe malgache : certains ont cru accueillir un arbitre avant de découvrir un maître. L’histoire possède ce sens de l’ironie que les manuels scolaires résument rarement. Commence alors une parenthèse de soixante-quatre ans. Une parenthèse suffisamment longue pour transformer les institutions, les villes, l’école, la langue, l’économie et jusqu’à la manière de penser le pouvoir. Entre les résistances, les accommodements, les révoltes, les carrières administratives et les rêves d’émancipation, la colonisation n’a jamais produit une seule mémoire. Elle en a fabriqué plusieurs, parfois opposées, souvent inconciliables. En 1960, Madagascar devient indépendant. Les chaînes juridiques sont rompues. Les drapeaux changent. Les hymnes aussi. Mais certaines influences voyagent plus longtemps que les armées. Elles prennent le visage des accords, de la coopération, de la langue, des réseaux économiques ou diplomatiques. Les empires quittent parfois les territoires ; ils demeurent souvent dans les habitudes.

Du 6 août 1896 au 6 août 2026, cent trente ans se sont écoulés. Le temps d’effacer des bâtiments, pas les débats. Le temps de remplacer des générations, pas les interrogations. Car une question demeure : l’annexion a-t-elle seulement mis fin à un royaume, ou a-t-elle aussi révélé les fractures qui traversaient déjà Madagascar ?

Cent trente ans plus tard, cette date ne demande ni repentance automatique ni célébration aveugle. Elle exige mieux : de la mémoire, de la nuance et un regard capable d’accepter que l’histoire n’est jamais noire ou blanche. À Madagascar comme ailleurs, les vainqueurs écrivent souvent les premiers chapitres. Les historiens, eux, passent leur vie à relire les marges.

Iss Heridiny

Recherche – Douze ans de traque : sept nouvelles grenouilles

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(crédit photo : scitechdaily.com)
(crédit photo : scitechdaily.com)

Une étude menée par le Muséum d’histoire naturelle du Danemark, en collaboration avec une équipe internationale de chercheurs, a permis de cartographier la batrachofaune de Madagascar au terme d’un travail de longue haleine de douze ans. Dirigés par l’herpétologiste Mark Scherz, les scientifiques ont eu recours à des techniques avancées de séquençage de l’ADN et à l’examen minutieux d’archives muséales anciennes pour identifier de nouvelles espèces. Ces recherches ont abouti à la découverte de sept espèces inédites de grenouilles diamants, des amphibiens appartenant au genre latin « Rhombophryne », ainsi nommé en raison de la morphologie rhomboïdale de leur corps. D’après le responsable des travaux, la dénomination se révèle ironique puisque ces animaux ne brillent pas comme des pierres précieuses et exigent des efforts de recherche minutieux. Leurs mœurs cryptiques et l’habitude de se dissimuler sous la litière forestière compliquent considérablement leur repérage sur le terrain. Plusieurs des spécimens nouvellement répertoriés sont jugés menacés. L’identification de ces populations doit permettre d’approfondir la compréhension de leur écologie et d’améliorer les stratégies de préservation de leurs milieux naturels. Bien que ce programme scientifique s’achève, les auteurs estiment que les forêts malgaches abritent encore des centaines d’espèces à révéler.

Recueillis par Maminirina Rado

Gasy Mihanta : Rendez-vous ce soir au No Comment Bar Isoraka

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« Convivialité et moments inoubliables seront au rendez-vous », promettent les organisateurs du Star Tour Majunga.

Ce soir, le No Comment Bar Isoraka accueillera Gasy Mihanta pour un showcase qui s’annonce vibrant et plein d’émotion. Dès 20h30, la scène se transformera en un véritable écrin pour les sonorités malgaches, avec un live de deux heures trente, où les instruments traditionnels tels que la flûte, la valiha, l’accordéon et la guitare bàgasy occuperont toute la place. 

Le public retrouvera les titres qui ont marqué l’identité du groupe, comme Faralahy kely, Mahafinaritra Antananarivo ou encore Rombaka. Mais ce concert sera aussi l’occasion de découvrir des morceaux inédits, fraîchement dévoilés, qui viennent enrichir le répertoire du groupe. 

Ce rendez-vous n’est pas anodin : il s’agit du dernier spectacle de Gasy Mihanta dans la capitale avant leur départ en tournée. Un moment privilégié, presque solennel, qui marque le retour du groupe, rarement vu sur les scènes locales dernièrement, et qui choisit de renouer avec son public à travers un concert où la tradition et la modernité se rencontrent. 

Hanitra Andria